Benoît Dorémus, Benito pour les intimes, sorte de moineau blond, écrit comme un poète enragé qui fait pleurer son stylo avec subtillité. Il faut imaginer le mélange entre Eminem et Renaud, leurs proses et leurs colères, pour comprendre la poésie rimée et assonancée du chanteur impatient et un peu désinvolte. Cela donne des chansons pleine d'innocence et de gravité, de réalisme et de transcendance. Benoît Dorémus sait aussi écrire et composer des chansons d'amour, comme dans Rien à te mettre, ou comment dire à son amour l'extrême nudité de l'amour charnel et la vacuité des hésitations textiles. La chanson belle comme un dessous chic a pris logis un temps chez la voix de son maître avant de rentrer dans l'armoire d'origine de toute cette petite lingerie érectile. Il n'est jamais facile de trouver de nouveaux souffles d'inspiration en chanson. Et de parvenir à croiser le fer entre une chanson presque réaliste et un son presque groove. Ici le scratch est moins massif que subtil et les guitares moins héroïques que bénéfiques. Benoît Dorémus a eu le goût de l'authentik (avec un K bien sûr) et du son vintage. Il a trouvé le style aussi pour renouveler la panoplie des thèmes du chanteur de fond. Il y parvient avec son furieux regard de biais.