Monsieur Lune vous promet des lendemains qui chantent, qui gueulent, qui vibrent. Toujours sur le point de basculer. Cordes vocales et cordes sensibles, corde raide et corde au cou. Des lendemains nourris des frayeurs délicieuses et des bonheurs fugaces d’hier, mais qui savent ne jamais succomber à la nostalgie. Des lendemains en équilibre, instables comme il se doit. Et c’est tant mieux. Mi-Zébulon, mi-Schtroumpf, son manège enchanté a des allures de bastringue, dézingué et cabossé. Il entraîne dans ses comptines toute une troupe de gavroches, tantôt vers le rock, tantôt vers la java, construit toutes ses chansons comme autant de nouvelles ironiques et de petits scénarios. Si ses chansons étaient des dessins, elles emprunteraient leurs traits autant à Sempé qu’à Topor. Avec la gouaille du désespoir. Monsieur Lune aime à prendre ses bains de minuit dans la mer de l’intranquillité. Et entraîner son public dans les ressacs de l’inconscient. Pierrot a allumé sa chandelle du côté de chez Freud. Et tant pis pour Colombine.
Un album sortira cet automne : « Il pleut des luges ... » ou quand Monsieur Lune joue les Monsieur Météo.
Après tout pourquoi pas, même si ses nouvelles chansons ont moins à voir avec la couleur du ciel qu'avec celle des jours et des nuits de ce pessimiste souriant attentif à ce qui vit, l'entoure.
crédit photos : Juliette Berny
